Interview du Contre-amiral Jean-Louis Vichot commandant des forces armées en Polynésie française
“Il ne serait pas raisonnable que la France se désengage du Pacifique”Amiral, la restructuration des forces armées va entraîner une modification dans le déploiement de ces vecteurs aériens. Qu’en est-il exactement des deux hélicoptères et des deux Casa de la base aérienne 190 ?En ce qui concerne les hélicoptères, ils seront remplacés nombre pour nombre par deux hélicoptères de type “dauphin” et auront une mission de service public. Lorsque le premier dauphin arrivera sur le territoire le fennec sera rapatrié en direction de la métropole, puis ce sera le tour du super puma de retourner en métropole lorsque le deuxième dauphin arrivera. Il n’y aura donc pas de rupture de la mission, puisqu’il y aura toujours en permanence deux hélicoptères de service public en Polynésie française. Il ne reste qu’à déterminer si ceux-ci seront “marine” ou “armée de l’air”. En ce qui concerne les CASA de l’Armée de l’air, rien ne devrait changer en ce qui les concerne et ils devraient rester tous les deux sur Tahiti. Quant aux équipages des hélicoptères et des CASA, ils devraient continuer à être affectés pour une durée de deux sur le territoire.
Le format de la marine est-il appelé à évoluer ?Au niveau des bâtiments, il n’y a pratiquement pas de changement, sauf pour le Dumont d’Urville qui arrive en fin de vie, et qui aurait du partir cette année. La décision de le prolonger a été prise, sachant toutefois que nous ne pourrons pas aller au-delà de 2010. Ce que l’on sait aujourd’hui, c’est que nous ne pourrons pas le remplacer au moment de son départ et qu’il y aura incontestablement une perte en termes de capacité opérationnelle. Le Jacques Cartier qui est en Nouvelle-Calédonie pourrait venir régulièrement en Polynésie pour suppléer la perte du Dumont d’Urville.
Que devient le dock de la marine nationale ?Le dock a une durée de vie prévue jusqu’en 2016. Il est évident qu’il ne sera pas remplacé par la Marine nationale et le débat est aujourd’hui du côté du Port Autonome qui réfléchit sur la possibilité de se doter d’un moyen plus performant pouvant accueillir des bâtiments plus grands. Au niveau des moyens de la Marine nationale, il restera toujours l’atelier militaire de la flotte qui permettra d’avoir une capacité de réparation navale qui propre à la marine.
Le COMSUP restera-t-il Polynésie ?
Absolument, il n’est pas question de le transférer ailleurs. Le Pacifique ne cesse de prendre de l’importance avec des flottes étrangères qui comptent de plus en plus de bâtiments dans cette zone, à l’exemple de la marine américaine qui a transféré ces navires de l’atlantique en direction du Pacifique. Il ne serait pas raisonnable à mon point de vue que la France se désengage du Pacifique.
Il y a beaucoup de départs naturels à la retraite dans le personnel civil de la défense, mais peu d’embauche. Ce déséquilibre est-il compatible avec la continuité de la mission ?Le nombre de personnels civils est actuellement de 550, et l’objectif à l’horizon 2020 est de le ramener à 250 personnes. Les départs à la retraite permettent effectivement de se rapprocher de l’objectif de 2020, mais il est bien évident qu’il faudra procéder à des embauches pour continuer à assurer la mission. Nous avons déjà effectué quelques recrutements qui vont croître dans les prochaines années pour arriver à une quinzaine chaque année, et cela dès 2010.
Que va devenir la piste de Hao ?
Il est prévu normalement qu’elle devienne la piste de dégagement de celle de Tahiti Faa’a, au lieu de Rarotonga.
Peut-on envisager de récupérer les hangars avions de Hao pour les installer à Tahiti ?Non, cela me paraît difficilement envisageable, compte tenu de leur état actuel. Toutes les tôles ont été pillées. Et ils ont été livrés à la

des éléments, ce qui a fragilisé la structure à certains endroits.
Quand vont, véritablement, commencer les grands travaux de déconstruction ?Une entreprise a été retenue pour faire une étude d’impact avant que d’autres études ne soient menées, notamment au niveau de la pollution par l’amiante ou les hydrocarbures. Ensuite, pourront intervenir les gros travaux. Les appels d’offres concernant les entreprises pourraient être lancés, au début de l’année prochaine, avec un début de chantier à l’été 2010. Du côté de l’emploi, nous avons prévu des clauses particulières dans les marchés qui prévoient l’embauche d’habitants de Hao, et plus largement de la Polynésie française.
Vous confirmez la durée du chantier sur Hao et le montant de celui-ci ?Il est prévu que le chantier se déroule sur sept ans et qu’il se chiffre à 7 milliards Fcfp. En termes d’effectif, il y aura quarante militaires en permanence et environ 200 à 300 salariés pour les entreprises.
L’étendue des chantiers et leur nombre sont relativement importants. Y aura-t-il une limite à la déconstruction ?C’est pour cette raison que nous avons demandé une étude d’impact qui sera effectuée en partenariat avec la population et la commune. Il faudra que celle-ci et les propriétaires disent ce qu’ils entendent faire de leur parcelle pour que nous effectuions les travaux ad hoc. Il y a 17 zones de chantiers répertoriées, dont certaines concernent le lagon où ont été immergés des objets, notamment des batteries. Nous travaillons en étroite collaboration avec le ministère de l’Environnement pour savoir ce qui peut-être fait et ce qui ne peut pas l’être. À titre d’exemple, il y a des récifs artificiels qui se sont formés sur des objets métalliques et il serait aujourd’hui dommageable pour la faune et la flore de retirer ces objets du lagon.
Tout l'article ici:
http://www.ladepeche.pf/fenua/economie/4562-le-chantier-de-deconstruction-de-hao-et.html